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vendredi 28 février 2014

Préparatifs de mariage à Sada (5/5)

A la fin de la journée, tout le monde est allé se vêtir de son salouva de fête (oui, moi aussi, Fatima m'a prêté un des bleus à carreaux qu'on voit sur la photo). Puis toutes nos réalisations ont été brièvement exposées sous une bâche. Le festin lui-même se tenait ailleurs.

Nos bijoux de fleurs:

 Il y a de quoi nourrir un nombre certain de personnes!



Les boissons sont très importantes, il faut que chaque invité puisse repartir avec un sac plein de boissons gazeuses sucrées après le repas, qui se déroule, étonnamment pour un Français de métropole, en 15 minutes chrono!

C'était une excellente journée (sauf que j'étais TRÈS fatiguée, alors que j'avais bossé 10 fois moins que les autres...) et je remercie Fatima, Mariati et toutes les autres de m'avoir autorisée à participer!

Préparatifs de mariage à Sada (4/5)

La cuisine, c'était bien, mais je n'étais vraiment pas à la hauteur. 

Je me suis donc dirigée vers la terrasse, où se tenait l'atelier "beauté": préparation des bijoux de fleurs et du masque de beauté. La veille, les femmes ont cueilli un grand (un GRAND!) nombre de fleurs, essentiellement du jasmin délicieusement parfumé, et aussi ces fleurs rouges dont je ne connais pas le nom.


Mariati, une de mes profs de fleurs.

On a fait trois types de réalisations: les broches, montées sur épingles à nourrice, des colliers, et des boules qui servent à orner certains colliers. Je suis très fière de mes réalisations, je n'étais pas ridicule, ni en vitesse, ni au niveau du résultat (faut bien se vanter un peu, vous me pardonnerez, hein?).





Le masque de beauté ou m'sindzano: le bois, c'est du santal, et on le râpe finement sur un bloc, de corail normalement, couvert d'eau. On récolte ensuite la pâte, dont les femmes s'enduisent le visage, parfois uniformément, parfois en réalisant des motifs. J'étais très étonnée, à notre arrivée à Mayotte, de voir que ces femmes faisant exactement la même chose que leurs consoeurs de... Birmanie, qui j'avais vues des années avant.

Préparatifs de mariage à Sada (3/5)

Le riz à présent! 
On a fait deux sortes de riz, au coco et sans coco. Pour le riz coco, pas question de prendre des boîtes (enfin, si, ça se fait parfois, mais pas cette fois!), on râpe des cocos-secs. 
Constat: je râpe une demie noix de coco pendant qu'une bouéni en râpe 4 entières. Et elle, elle ne met pas de sang dans le plat (oui, la râpe à coco est un instrument dangereux pour les doigts maladroits).

On cuit le riz également dans de grandes marmites, d'une façon très spéciale: on recouvre la marmite de feuilles de bananier, sur lesquelles on place une tôle. Ensuite, un feu est allumé sous la marmite, et un autre sur la tôle. Le riz cuit donc par le bas et par le haut. 

Lorsque c'est fini, on ôte le dessus, grillé voire carbonisé. Cette cuisson donne un goût spécial au riz, c'est très bon.
 
 
 

Préparatifs de mariage à Sada (2/5)

Commençons par la préparation des beignets (enfin, d'un type de beignets, il y a de nombreuses sortes). On mélange tout d'abord dans de grandes marmites de l'eau, de la farine de riz et du sucre. Le mélange est très liquide, puis on le met sur le feu, et on touille, on touille, on touille. 


Ça devient d'abord un peu épais, on commence à transpirer, puis ça devient vraiment épais, et là, on sort la marmite du feu et on y rajoute de la farine de riz non cuite, et on touille et touille et re-touille derechef! 
 
 

Et je l'avoue... quand on est une pauvre m'zungu aux bras désespérément peu musclés, on abandonne rapidement, en sueur et sous les rires, parce qu'à côté, faire du ciment à la pelle, c'est du pipi de chat! Les Mahoraises, elles, ont l'habitude, et elles se relaient régulièrement. 

Quand la pâte a la consistance voulue, on rectifie le sucre, puis on faire frire les beignets, façonnés... à la main par Fatima! Ça, je n'ai pas essayé: je ne sais pas s'il y a un service "grands brûlés" à Mayotte, et j'espère bien ne jamais le savoir.
 
Voilà les beignets terminés, qu'on grignote toute la journée, tout en cuisinant le reste.

Préparatifs de mariage à Sada (1/5)

Il y a quelques temps, ma copine Fatima de Poroani m'avait fait comprendre (je parle aussi mal le shimaoré qu'elle, le français) qu'il fallait absolument que je vive de l'intérieur les préparatifs culinaires d'un mariage à la mahoraise.  Et un samedi, elle est venue nous chercher, moi et mon appareil photo, et nous a amenés juste de l'autre côté de ma rue, où la cuisine "de bataille" était installée. J'ai eu le privilège de pouvoir photographier et même filmer les bouénis de mon quartier en pleine action, ce qui d'habitude... est plutôt mal vu! J'étais donc aux anges... 
Et voici les lieux: une partie couverte pour les cuisinières; derrière, une partie à l'air libre où brûlent les différents feux de cuisson; et sur l'avant, une terrasse avec vue imprenable pour les créatrices de bijoux floraux (j'y reviendrai).